Moules zébrées - attention danger

Depuis quelques semaines, je vois circuler sur internet et les réseaux sociaux des publications qui vantent l’introduction des moules zébrées dans nos rivières et nos plans d’eau en raison de leur grande capacité à filtrer l’eau.

Et là… je me dis qu’il est temps de remettre un peu de bon sens dans la discussion.

Tout d’abord qu’est-ce que c’est que cette moule zébrée

  • C’est un mollusque bivalve d’eau douce, originaire de la mer Noire et de la mer Caspienne (toutes deux faiblement salées) et qui s’est adaptée à l’eau douce.
  • Introduite en Europe par les coques de bateaux et les eaux de ballast (les réservoirs d’eau que les navires remplissent ou vident pour équilibrer leur poids et leur stabilité pendant la navigation) dès le XVIIIᵉ siècle cette moule est aujourd’hui présente dans la majorité des lacs et rivières européens, y compris en France.

Pourquoi elle est dangereuse pour les étangs et rivières

Sa reproduction explosive lui permet de coloniser à grande échelle et rapidement

Une femelle peut produire jusqu’à 1 million d’œufs par an, et les colonies atteignent, tenez-vous bien, plus de 15 000 individus/m².

Sa capacité à filtrer énormément d’eau pose problème

Elle appauvrit son milieu en consommant tout le phytoplancton, donc la nourriture des poissons.

Elle augmente la transparence de l’eau, favorisant ainsi la croissance des plantes envahissantes.

Elle concurrence les espèces locales

Elle provoque le déclin des moules indigènes et modifie la chaîne alimentaire.

Elle colonise tout :

  • Prises d’eau
  • Canalisations
  • Quais
  • Coques de bateaux
  • Barrages (aux États‑Unis, les dégâts industriels liés à cette espèce s’élèvent à plus d’un milliard de dollars par an).

Elle transporte des parasites

Notamment le Bucephalus polymorphus particulièrement dangereux pour les cyprinidés et leurs prédateurs (sandres, brochets, …).

Quelle est la réglementation en France au sujet de cette moule et quelle est la gestion assurée ?

  • C’est une espèce exotique reconnue envahissante et surveillée.
  • Aucune méthode simple d’éradication ne peut être déployée car cela serait trop coûteux et trop complexe.
  • A ce jour, les gestionnaires d’espaces naturels misent surtout sur la sensibilisation pour éviter sa dissémination (pêcheurs, plaisanciers).

On entend par fois que certains poissons les consomment, est-ce vrai ?

Oui mais c’est une espèce invasive qui en chasse une autre et ce n’est pas que positif.

Le gobie (son principal prédateur) est arrivé dans les mêmes régions que la moule zébrée, via les eaux de ballast.

Il a trouvé dans ces moules une source de nourriture abondante, qu’il broie grâce à ses mâchoires puissantes.

Résultat : dans certains milieux, il contribue à réguler partiellement les populations de moules zébrées… mais sans les éliminer.

Et attention !

Car si les gobies peuvent broyer les coquilles des moules zébrées, ils sont aussi capables d’attaquer nos anodontes. D

Dans les milieux où les gobies se sont installés, on observe souvent une régression des populations d’anodontes (nos autres grandes moules indigènes).

En résumé :

Les gobies ne se contentent pas de manger les moules zébrées et ils déséquilibrent tout le réseau écologique des bivalves d’eau douce.

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