Les carpes - Épisode 3 - Les carpes Koï
- Par pascal2705
- Le 22/02/2026
- Dans Les poissons de l'étang
L’histoire de la carpe KOï : de poissons de ferme à joyaux vivants
1. À l’origine : une simple carpe commune
Tout commence avec Cyprinus carpio, la carpe sauvage, importée en Asie depuis l’Antiquité pour :
- Sa robustesse,
- Sa croissance,
- Sa capacité à vivre dans des eaux froides.
Les premières carpes élevées au Japon arrivent probablement de Chine il y a plus de 1 000 ans.
À ce stade : aucune couleur spectaculaire, seulement des bruns, des verts et des gris.
2. Les premières mutations colorées (XVIIIᵉ – XIXᵉ siècle)
Dans les campagnes japonaises, notamment dans la région de Niigata, les paysans élèvent des carpes dans les rizières pour se nourrir.
Puis, vers le XVIIIᵉ siècle, des mutations apparaissent avec :
- Taches rouges,
- Des zones blanches,
- Des reflets dorés.
Les paysans commencent à sélectionner ces anomalies, d’abord par curiosité, puis par passion. On les appelle alors “Nishikigoi” — littéralement carpes brocardées, comme un tissu précieux.
3. Niigata, berceau des KOï modernes
Au XIXᵉ siècle, les villages de montagne de Niigata deviennent le centre de la sélection :
- Les hivers rigoureux favorisent les poissons robustes,
- Les étangs en terrasses permettent des lignées séparées,
- Les familles paysannes développent leurs propres variétés.
C’est là que naissent les premières grandes lignées :
- Kohaku (blanc + rouge),
- Taisho Sanke (blanc + rouge + noir),
- Showa Sanshoku (noir + rouge + blanc).
4. L’explosion de popularité (XXᵉ siècle)
En 1914, des KOï sont présentées à l’Exposition nationale de Tokyo. Succès immédiat : elles deviennent un symbole de beauté, de paix et de prospérité.
Après la Seconde Guerre mondiale, les KOï deviennent :
- Un cadeau diplomatique,
- Un art vivant,
- Un objet de prestige dans les jardins japonais.
5. Une icône mondiale
À partir des années 1960–1980, les KOï se diffusent :
- En Europe,
- Aux États‑Unis,
- En Asie du Sud‑Est.
Aujourd’hui, certaines KOï d’exception se vendent plusieurs centaines de milliers d’euros, voire plus.
Elles sont considérées comme :
- Des œuvres d’art,
- Des symboles spirituels,
- Des témoins d’un savoir-faire séculaire.
En résumé
La carpe KOï, c’est :
- Une carpe commune,
- Transformée par des mutations naturelles,
- Sublimée par des siècles de sélection japonaise,
- Devenue un symbole culturel et esthétique mondial.
Avant de terminer cette première partie de l’article, savez-vous que :
- En 2024, un record de vente de plus de 1 600 000 € a été enregistré pour une carpe koï Kohaku de 101 cm appelée « S-Legend ». Cette femelle de 9 ans est devenue le poisson le plus cher au monde.
- Officiellement, il existe 16 grandes familles (ou “groupes”) reconnues, appelées Nishikigoi varieties groups. Mais à l’intérieur de ces familles, on trouve plus de 100 variétés et sous‑variétés distinctes.
- Ne confondez pas les poissons rouges “Shubunkin” avec les carpes Koï. Ils peuvent vraiment prêter à confusion car ils disposent aussi de couleurs vives, de motifs tachetés et de nage rapide en bassin. Mais ce sont des Carassius auratus, pas des Cyprinus carpio.
- Les poissons que l’on nomme en occident “Butterfly koi” ne sont pas des considérées comme des carpes koïs au Japon. Elles ressemblent pourtant à des koï avec leurs nageoires très longues, leur corps plus élancé. Malheureusement elles ne font pas partie des 16 familles officielles.
Combien coûte une carpe KOï ?
1. KOï “grand public”
Ce sont les KOï vendues en jardinerie ou chez de petits éleveurs.
- Prix : 10 à 50 €
- Taille : 10–20 cm
- Origine : élevage européen ou asiatique standard
- Qualité : correcte, mais pas de lignée prestigieuse
2. KOï de bonne qualité (éleveurs spécialisés)
Sélection plus rigoureuse, couleurs plus nettes, patrons plus stables.
- Prix : 80 à 300 €
- Taille : 20–35 cm
- Origine : élevage européen sérieux ou import Japon “standard”
3. KOï japonaises de qualité supérieure
Là, on entre dans le monde des passionnés.
- Prix : 300 à 2 000 €
- Taille : 30–50 cm
- Origine : éleveurs japonais réputés (Omosako, Dainichi, Sakai, Momotaro…)
- Qualité : patrons nets, croissance prometteuse, génétique suivie
4. KOï d’exception (haut niveau)
Sélectionnées pour concours, lignées prestigieuses, couleurs parfaites.
- Prix : 2 000 à 20 000 €
- Taille : 40–70 cm
- Origine : grands éleveurs japonais
- Qualité : très haut potentiel, souvent vendues aux enchères
5. KOï “championnes” (niveau international)
Ce sont les stars absolues, souvent vendues aux enchères au Japon.
- Prix : 20 000 à… plusieurs centaines de milliers d’euros
- Record connu : 1,5 million d’euros pour une Kohaku exceptionnelle
- Taille : 70–90 cm
- Qualité : parfaite, unique, destinée aux concours All Japan
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